Il y a des endroits qui prennent au dépourvu. Des monuments qui ne ressemblent à rien de ce qu’on imagine, qui surgissent de nulle part et qui, malgré ça — ou peut-être à cause de ça — deviennent le moment fort d’un voyage. Le Métropol Parasol de Séville en fait partie.
En arrivant sur la Plaza de la Encarnación, on les voit immédiatement : les champignons. C’est comme ça qu’on les appelle ici, las Setas. Trois structures en bois ondulantes qui jaillissent du sol comme si elles allaient s’envoler. Rien à voir avec la Séville médiévale de la Cathédrale ou de l’Alcázar. Et pourtant, c’est un coup de cœur immédiat.
Las Setas de Séville : une architecture qui raconte une histoire
Le Métropol Parasol n’est pas juste un bâtiment des années 2010 posé là par hasard. C’est le résultat d’un choix audacieux. Quand la ville a voulu réhabiliter cette place, elle a lancé un concours d’architecture. Jürgen Mayer, architecte allemand, l’a remporté. Mais voilà : en excavant le sol pour construire un parking, les équipes ont mis au jour les vestiges d’une colonie romaine. Au lieu d’ignorer cette découverte, Mayer a choisi de la célébrer.

Une ossature complexe de poutres croisées qui crée des vagues, des courbes, une architecture vivante. Rien de rigide, rien de froid — de la géométrie organique, inspirée par les motifs textiles andalous.
Et en dessous ? L’Antiquarium : un musée archéologique souterrain où l’on descend 5 mètres pour retrouver des mosaïques romaines et les vestiges du premier siècle après Jésus-Christ. Le passé qui respire sous les pieds des visiteurs du présent.
Jour, coucher de soleil, nuit : trois façons de vivre les Setas
De jour
En plein midi, les courbes du bois découpent des ombres mouvantes sur la place. Depuis la promenade piétonne El Mirador, on découvre Séville dans son ensemble : la Cathédrale au loin, les toits en terre cuite du Barrio Santa Cruz, et tout ce chaos urbain qui prend sens d’en haut. On comprend pourquoi Jürgen Mayer a estimé que ça valait le coup d’être là.
Au coucher de soleil
Le soleil change tout. Le bois chaud vire à l’orange, puis au rose. Les ombres s’allongent. C’est à ce moment que l’on comprend vraiment pourquoi on a fait le détour. Il y a quelque chose de profondément magique à regarder une ville qu’on ne connaît pas se transformer à l’heure dorée. Le Métropol Parasol devient un belvédère privilégié — pas une attraction touristique, mais une invitation à arrêter le temps.
C’est aussi l’heure où les bars commencent à servir les premiers verres, une cerveza à la main en regardant le soleil disparaître derrière la silhouette andalouse.

La nuit
Le Métropol Parasol se réinvente encore. Un système d’éclairage souligne chaque courbe du bois. Les champignons deviennent des créatures de nuit, surréalistes, presque futuristes. C’est un contraste délibéré : l’ultra-moderne qui vibre, pendant que tout autour, les églises et les palais endormis gardent le silence.
La place change de visage. Les bars deviennent des rendez-vous. Les ombres des structures se projettent sur le pavé comme des abstractions. Il est fascinant de constater qu’un seul bâtiment peut offrir trois expériences aussi différentes.


Pourquoi le Métropol Parasol est un incontournable de Séville
Ce qui rend le Métropol Parasol attachant, c’est qu’il ne prétend pas être une merveille historique. Il assume d’être du 21e siècle tout en dialoguant avec le passé romain qui repose sous ses pieds. Il est audacieux sans être arrogant. Une structure en bois dans une ville de pierre — et c’est précisément cette tension qui crée une beauté qu’on n’attendait pas.
Et puis il y a ce détail : on peut explorer son histoire en descendant à l’Antiquarium, manger dans ses restaurants, boire sur sa terrasse. Ce n’est pas juste un bâtiment qu’on photographie. C’est un endroit où l’on vit.
Infos pratiques pour visiter le Métropol Parasol à Séville
Le site se trouve sur la Plaza de la Encarnación, facilement accessible en métro (ligne 1) ou en bus (lignes 27 et 32). Il s’intègre naturellement dans un parcours combinant le Barrio Santa Cruz et la Cathédrale.
- Tarif : 16 € (accès à la vue panoramique + salle immersive + Aurora Lighting)
- Enfants : gratuit jusqu’à 5 ans
- Notre conseil : une heure de visite le matin, un verre au coucher de soleil sur la terrasse, et une dernière visite la nuit quand les lumières s’allument.
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